
Santé mentale : pourquoi chercher constamment à aller bien peut nous empêcher d’aller mieux
Jamais nous n’avons autant parlé de santé mentale. Dépression, anxiété, burn-out, TDAH, hypersensibilité, trauma, attachement, estime de soi… Les mots permettant de décrire notre fonctionnement psychologique se multiplient et deviennent progressivement familiers. Cette évolution a évidemment quelque chose de positif : mieux comprendre la souffrance psychologique permet de réduire la culpabilité, de faciliter l’accès aux soins et de mettre des mots sur ce qui était autrefois vécu dans le silence. Mais un paradoxe apparaît : plus nous apprenons à nous observer psychologiquement, plus nous risquons parfois de nous surveiller. À force de chercher ce qui ne va pas, de scruter nos émotions, d’interpréter nos réactions et de nous demander en permanence si nous sommes "normaux", nous pouvons transformer notre vie intérieure en véritable tableau de bord... ! A ce propos je me souviens de Thomas, 29 ans, qui me disait : "Je ne sais plus si je vais bien. Dès que je ressens quelque chose, je me demande ce que ça signifie. Si je suis fatigué, j'ai peur de tomber dans la dépression. Si je n’ai pas envie de voir mes amis, je pense que je m’isole et que ça n'est pas bon pour moi. Si je suis anxieux, je me demande si je ne fais pas un trouble anxieux." Son problème n’était plus seulement ce qu’il ressentait. C’était devenu la nécessité de savoir exactement ce qu’il ressentait.


















